X
Identifiant Mot de passe
  Admin Blog Accueil Blog Créér un blog Mail Actualités ToutApprendre Soutien Scolaire Shopping Mag des Voyages Keygle Recherche Web
OK
IEJ de Montpellier, cours, informations, connaissances
dimanche 10 février 2008, a 14:59
ACTUALISATION EN PROCEDURE PENALE 2eme partie

A.       La lutte contre les constitutions abusives de partie civile

 

 

Il n'était pas question pour le législateur de 2007 de supprimer le principe de la recevabilité de la constitution de partie civile devant le juge d'instruction (consécration : Crim, 8 déc. 1906, Placet-Thirion). Mais les abus de constitution de partie civile ont pour conséquence l'encombrement des cabinets d'instruction et le ralentissement des procédures.

 

 

1.       Le caractère subsidiaire de la constitution de partie civile

 

 

Un nouvel alinéa 2 est ajouté à l'art 85 CPP qui consacre le caractère subsidiaire de la constitution de partie civile. La constitution n'est désormais recevable que si la personne justifie soit que le parquet lui-même a fait connaître à la suite d'une plainte déposée par elle qu'il entend la classer sans suite, soit qu'un délai de 3 mois s'est écoulé depuis le dépôt de cette plainte sans que le parquet ait pris une décision.

 

La loi créé ainsi un « filtre » en amont de la saisine du juge d'instruction. Le procureur pourra ainsi faire procéder à une enquête préliminaire et le cas échéant saisir lui-même le juge d'instruction. Ce n'est qu'en cas de classement ou qu'après 3 mois d'inertie du parquet que la victime prétendue pourra saisir un juge d'instruction.

 

La condition préalable de la plainte ne vaut pas en matière criminelle, ni pour certains délits spécifiés à l'art 85 al 2, les délits de presse énumérés à la loi du 29 juillet 1881 et certains délits électoraux. Ces délits sont soumis à un régime de prescription brève, 3 mois pour les délits de presse et 6 mois pour les délits électoraux.

 

L'exigence du dépôt de plainte auprès du parquet aura pour effet de suspendre la prescription de l'action publique au profit de la victime jusqu'à la réponse du procureur ou au plus tard une fois écoulé le délai de 3 mois (art 85 al 2 CPP, in fine).

 

 

2.       La création de nouveaux « obstacles »

 

 

Une fois que le juge d'instruction est saisi, le plaignant ayant franchit le « filtre » de l'art 85 CPP, la loi de 2007 en institue d'autres.

 

1er obstacle : Lors de la communication de la constitution par le juge au procureur, celui-ci peut prendre des réquisitions de non-lieu « dans le cas où il est établi de façon manifeste, le cas échéant au vu des investigations qui ont pu être réalisées à la suite du dépôt de la plainte ou en application des dispositions du 3ième alinéa du présent article [qui lui permet de demander au juge d'instruction d'entendre la partie civile] que les faits dénoncés par la partie civile n'ont pas été commis » (art 86 al 4 CPP). Ainsi même si le plaignant a pu parvenir jusqu'à l'instruction, il peut se voir fermer la voie de l'instruction ab initio s'il est manifeste que l'affaire ne peut prospérer.

 

Après avoir reçu de telles réquisitions de non-lieu, le juge a le choix entre informer néanmoins ou rendre une ordonnance de non-lieu.

La nouveauté est importante puisque traditionnellement, le juge doit, sauf à rendre une ordonnance de refus d'informer pour motif de droit, instruire. Selon la jurisprudence (Crim, 21 sept. 1999 ; Crim, 11 janv. 2001), il doit vérifier par une information préalable la réalité des faits dénoncés dans la plainte. La loi du 5 mars 2007 ajoute un nouveau cas : celui où les faits dénoncés n'ont pas été commis. [NB : Il ne s'agit pas d'un non-lieu mais plutôt d'un refus d'informer puisque l'instruction s'arrête immédiatement, sans réalisation d'aucun acte d'investigation.]

 

2nd obstacle : La partie civile qui, en cours de procédure, réclame une expertise, peut se voir imposer par le juge d'instruction l'obligation de verser un complément de consignation afin de garantir le paiement des frais selon l'art 88-2 CPP.

 

Depuis la loi du 4 janvier 1993, il est de principe que les frais de justice criminelle sont systématiquement à la charge de l'Etat en vertu de l'art 800-1 CPP. Cet article s'est donc vu doter d'un alinéa 2 selon lequel en cas de constitution jugée abusive ou dilatoire, les frais de justice correspondant aux expertises ordonnées à la demande de la partie civile peuvent être mis à la charge de cette dernière par le juge ou la chambre de l'instruction (art 800-2 CPP).

 

 

I.                     Les dispositions renforçant la protection des mineurs

 

 

Ces dispositions d'application immédiate ne visent qu'à renforcer la protection des mineurs victimes en rendant obligatoires la présence d'un avocat lors des auditions par le juge d'instruction et l'enregistrement audiovisuel de ces auditions.

 

 

A.       La présence obligatoire d'un avocat pour le mineur victime

 

 

Selon la loi du 5 mars 2007, le mineur doit être assisté d'un avocat même s'il n'est pas constitué partie civile.

 

Le nouvel art 706-51-1 CPP prévoit désormais que tout mineur victime des infractions mentionnées à l'art 706-47 (meurtres ou assassinats accompagnés de viol, tortures ou actes de barbarie, agressions ou atteintes sexuelles, proxénétisme, recours à la prostitution) doit être assisté d'un avocat lorsqu'il est entendu par le juge d'instruction.

 

À défaut de désignation d'un avocat par les représentants légaux du mineur ou par l'administrateur ad hoc, le juge avise immédiatement le bâtonnier afin qu'il commette un avocat d'office.

 

La rédaction de ce nouvel article laisse penser que la présence effective de l'avocat est indispensable pour pouvoir procéder à l'audition du mineur.

 

 

B.       L'enregistrement audiovisuel obligatoire

 

 

La loi du 5 mars 2007 modifie les règles concernant l'enregistrement vidéo du mineur victime de l'une des infractions mentionnées par l'art 706-47 CPP.

 

L'enregistrement était jusqu'à présent prévu avec le consentement du mineur ou s'il n'était pas en mesure de le donner celui de son représentant légal. Ce consentement a été supprimé et l'enregistrement est désormais obligatoire (art 706-52 CPP).

 

L'enregistrement peut être seulement sonore sur décision du procureur de la République ou du juge d'instruction seulement, et non plus à la demande du mineur ou de son représentant légal, si l'intérêt du mineur le justifie.

 

Le procureur ou le juge d'instruction n'ont plus la possibilité de décider de ne pas y procéder. L'enregistrement de mineur victime devient définitivement la règle dans un souci de plus grande protection des intérêts des mineurs victimes.

< Retour
Commentaires
#1
Alex écrit le dimanche 10 février 2008, A 17:40
Salut et merci pour la mise en ligne du cours, ça m'évite de le taper lol!
Il me semble plus complets sur certains points, tu as pris le cours mis à la disposition à l'IEJ?

(A tout hasard aurais-tu la correction de procédure pénale du 21 janvier 2008 et celle de droit des obligations du 11 décembre 2007, mais ça m'étonnerait vu qu'elles ne sont pas publiée, mais j'essaie quand même! lol)

En tout cas merci encore et bravo pour ton blog très utile!
#2
Kayounette écrit le mercredi 13 février 2008, A 20:26
Bonsoir,

oui, il s'agit bien du cours mis à la disposition à l'IEJ.

Sinon, je suis désolée mais je n'ai pas les corrigés qui te manquent. Si je parviens à me les procurer, je les mettrais en ligne.

Bonne soirée et à bientôt :-)
Signature pour votre commentaire

Adresse e-mail (facultatif):

M'avertir d'un nouveau commentaire de cet article
code de vérification (ci-dessous)


Présentation
Partageons nos cours, informations et connaissances pour préparer l'examen du Pré-Capa dans les meilleures conditions possibles.

Envoyer un mail à l'auteur
publicité
commentaire(s)
Corrigé DLF assuré par Mme HUGON asha_camara@yahoo.fr (01/07/2008 22:05)

arret de la cour de ...

MEMO DROIT DES OBLIGATIONS - RESPONSABILITE CIVILE DELICTUELLE soul (27/05/2008 01:19)

Big up a toi! THAN...

MEMO DROIT DES OBLIGATIONS - RESPONSABILITE CIVILE DELICTUELLE ORBB (16/05/2008 11:24)

Pour information l&#...

MEMO DROIT DES OBLIGATIONS - RESPONSABILITE CIVILE DELICTUELLE Moubarak (06/05/2008 11:36)

Merci pour ces arrêt...

MEMO DROIT DES OBLIGATIONS - RESPONSABILITE CIVILE DELICTUELLE fisti (29/04/2008 12:35)

un grand merci aussi...

Newsletter

Pour vous inscrire à la newsletter de ce blog renseignez votre adresse mail :


Articles précédents
Liste des articles
calendrier
«février 2008»
LunMarMerJeuVenSamDim
01 02 03
04 05 06 07 08 09 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29
archives
2008-05 (1)
2008-02 (6)
2008-01 (6)
2007-12 (4)
2007-11 (7)
2007-06 (2)
2007-05 (8)
2007-04 (7)
2007-03 (26)
2007-02 (23)
2006-11 (3)
Mes autres blogs préférés
precapa2008.skyrock.com
D'autres blogs sur monGenie
FLO, le BLOG sans filtre - Mém
Mon Oreille
°o0o° Tout Recommencer à Zéro
On n'est jamais trop au l
VIETNAM : MON PAYS NATAL
Visites depuis

Le début du mois : 2834

Le mois dernier : 2388

L'ouverture du blog : 96311


** Reporter un Abus ** © Learnorama 2006 - conditions générales - développé par Learnorama et Kernix - Contact - Nouveautés blog