M. SAUTEL s'attendait à une distinction entre le sentiment amoureux et l'acte
amoureux.
Droit
à l'amour peut être rattaché pour partie à la liberté d'expression : j'ai
le droit d'aimer qui je veux et de le dire à la personne en question.
Tout
ce qui n'est pas interdit est autorisé.
Je
n'ai plus le droit d'aimer lorsque mon amour se heurte aux droits fondamentaux
de l'autre personne (harcèlement, violences). C'est l'angle de l'abus du droit.
Quant
à l'acte : l'amour n'est pas une condition de validité du mariage, on ne
peut pas se servir du manque d'amour pour demander la nullité ou le divorce. En
revanche, en ce qui concerne les mariages blancs, on peut se fonder sur le fait
que c'est un mariage causé par la fraude.
Peut-être
confond-t-on l'amour avec autre chose ? Mariage par convenance,…
Visions
négatives, limites : droit à l'amour mais limité : liberté d'avoir
des actes sexuelles avec qui je veux mais limitée parfois : jusque dans
les 80's, l'homosexualité était un délit. Amour à plusieurs, transsexualité…
CEDH et vision du sadomasochisme : « droit à l'amour vache ». La
CEDH parle de personnes majeures, consentantes, pratiquées dans des lieux
déterminés, prévus pour cela, le sadomasochisme peut être pratiqué.
Accroche :
pas de définition de l'amour dans le droit, pas de textes. Donc vision
ésotérique, littéraire, économique du droit à l'amour possible…
Amour
familial, amitié puis restreindre au sens amour sentiment amoureux et acte
sexuel.
I/ Le droit à l'amour
A/
Sa reconnaissance
Contenu :
sentiment et acte. Nous sommes libres d'aimer qui nous voulons (description du
sentiment d'amour), ce droit d'aimer fait partie de la liberté d'expression.
C'est un sentiment propre, on ne peut pas y porter atteinte : violation de
la vie privée. Sentiment amoureux autorisé par l'art 5 DDHC : tout ce qui
n'est pas interdit est autorisé.
L'acte
d'amour : ne nécessite pas forcément des sentiments. L'acte sexuel est un
acte d'amour, il est librement autorisé : liberté de la personne, liberté
des personnes (// arrêt CEDH sur le sadomasochisme).
B/
Les limites au droit à l'amour
Ce
sont les droits fondamentaux des autres : harcèlement sexuel, moral,
violences, appels malveillants.
L'acte
sexuel : problème du consentement de toutes les personnes, impératif d'âge
(tous plus de 15 ans ou tous moins de 15 ans), prostitution (interdiction du
racolage mais prostitution autorisée), lieu (certains lieux sont interdits. Ce
doit être un lieu qui ne soit pas accessible au regard du public).
Quid
des animaux ? L'art 521-1 cp a été modifié, on a rajouté les sévices
sexuels sur les animaux.
On
a envie de dire oui au droit à l'amour, sauf que très vite ce droit va être
paralysé par les DLF des autres et par l'OP.
II/ Le droit à l'amour
institutionnalisé
A/ Sa
reconnaissance
Mariage,
PACS, mariage entre un national et un étranger (regroupement familial,…) :
institutionnalisation de l'amour au moins officiellement. Au départ, le mariage
a été créé pour valider, autoriser l'acte sexuel.
Le
mariage peut institutionnaliser l'amour, au moins théoriquement, mais il
n'empêche pas d'aimer en dehors du mariage. Depuis 1975, l'adultère n'est plus
une cause péremptoire de divorce. Le législateur ne veut donc plus faire de
l'adultère une cause automatique de divorce.
B/
Les limites
Conditions
du mariage : sexe différent, absence de lien de parenté, pas de bigamie.
Une
condition manque : l'amour. A aucun moment, l'amour n'est érigé en
condition de mariage.
Même
dans le cadre du mariage, du PACS, on a un droit à l'amour reconnu (vie privée,
vie familiale) mais il y a des limites (respect de l'OP pour l'amour
institutionnalisé. Lorsqu'il n'est pas institutionnalisé, la limite c'est les
DLF des autres). |